Korhogo, le 26 septembre 2025
Transformer un défi en opportunité, c’est le pari réussi du Programme d’appui au développement des filières agricoles (#PADFA) et du Fonds interprofessionnel pour la recherche et le conseil agricoles (#firca). Les deux structures ont organisé, le 26 septembre 2025 à l’hôtel de la Can de Korhogo, un atelier de restitution consacré à la valorisation des déchets de mangues en aliments pour animaux.
Intitulée « Restitution des activités de la convention exécutée par le #firca sur la mise en place d’unités de valorisation de déchets de #mangues », la rencontre a réuni producteurs, éleveurs, coopératives et représentants institutionnels. Objectif : présenter les résultats obtenus dans les régions du Poro et de la Bagoué, et tracer les perspectives d’une valorisation durable.
Une réponse à la double contrainte pertes agricoles / alimentation animale
En Côte d’Ivoire, près de 30 % de la production nationale de mangues se perd chaque année après récolte, faute de moyens de conservation et de débouchés. Dans le même temps, les éleveurs des zones de production font face à une rareté du pâturage en saison sèche et à un coût élevé des aliments pour bétail.
L’initiative du PADFA et du FIRCA vient combiner ces deux problématiques en apportant une solution circulaire : transformer les déchets de mangues en provendes pour animaux.
Pour Ouya Adolphe, directeur du département des cultures alimentaires et ressources animales au FIRCA, et Kiendrebogo Timbilfou, expert en zootechnie, ce projet « contribue à réduire les pertes post-récolte, à préserver l’environnement et à améliorer les revenus des communautés locales ».
Des acteurs unanimes
Autour de la table, les représentants institutionnels et professionnels – Clément Kouadio (PADFA), Dr Ouattara Issif (Direction régionale des ressources animales et halieutiques), Sib Djamala (MEMINADERPV), Salimou Coulibaly (Conseil régional du Poro), Mme Nioulé Patricia (Direction régionale de l’agriculture) et El Hadj Mamadou Coulibaly (Inter-Mangue) – ont salué l’initiative. Tous ont souligné qu’il s’agit d’« une contribution majeure au développement durable et à la résilience des exploitations agricoles et d’élevage ».
De l’expérimentation au passage à l’échelle
Ce projet s’inscrit dans une trajectoire déjà amorcée. En 2015 et 2017, grâce à l’appui de la Banque mondiale, six unités pilotes de séchage de mangues avaient été installées dans le nord du pays par le FIRCA. Puis, entre 2018 et 2022, le FIRCA, avec l’appui de l’Institut de l’environnement et de recherche agricole (#INERA) du Burkina Faso, a conduit un premier projet pilote de valorisation des déchets de mangue en aliments pour animaux sur le site de Tengrela (Bagoué). Les résultats encourageants ont suscité l’intérêt des transformateurs et des éleveurs, séduits par l’opportunité économique et écologique.
Forte de cette expérience, l’initiative a été élargie par le PADFA : l’unité de Tengrela a été renforcée et une nouvelle unité a vu le jour à Sinématiali (Poro), toujours avec l’expertise du FIRCA.
Un atout stratégique pour la filière mangue
La filière mangue est aujourd’hui un moteur économique pour le Nord ivoirien. Elle fait vivre plus de 5 000 producteurs et génère près de 7 milliards de francs CFA de revenus par an. Avec plus de 35 000 tonnes exportées en 2024, la Côte d’Ivoire s’est imposée comme premier exportateur africain et troisième fournisseur mondial de mangues fraîches sur le marché européen, derrière le Brésil et le Pérou.
En intégrant la valorisation des déchets dans cette dynamique, la Côte d’Ivoire ouvre une nouvelle voie où agriculture, élevage et environnement se complètent et se renforcent mutuellement. Une innovation porteuse d’avenir, au bénéfice des communautés rurales, en particulier des jeunes et des femmes, au cœur du développement local.
